Le territoire de Lorient

Les chiffres du diagnostic partagé

Pour les quartiers de Kervénanec et Bois du Château de Lorient

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Etat des lieux

La Ville de Lorient compte 58831 habitants (chiffres de 2013) et est intégrée dans une agglomération de 204 649 habitants comptant 25 communes. Lorient se situe dans le Sud du département du Morbihan, elle est située à l’embouchure du Blavet et du Scorff.

Les instances délibératives

Le Conseil Municipal, composé de 45 élus
Le Bureau Municipal, composé du Maire, des 13 adjoints et des 6 conseillers municipaux délégués
Les commissions composées d’élus, qui ont un rôle consultatif

Les quartiers proposés dans le projet

Les quartiers proposés comme territoires d’expérimentation pour un projet de politiques intégrées de jeunesse sont ceux de Kervénanec et de Bois du Château qui comptent respectivement 4500 et 2300 habitants.

Ces deux quartiers intègrent des périmètres classés en géographie prioritaire avec un revenu médian de 9900 € pour Kervénanec Nord et de 7400 € pour Bois du Château. Suite au programme de rénovation urbaine qui s’est déroulé sur le quartier de Kervénanec durant plus de 10 ans, et au regard des nouveaux critères de la politique de la ville, le Sud du quartier de Kervénanec est sorti de la géographie prioritaire en 2015. La population sur les deux quartiers est particulièrement jeune avec 28% de moins de 20 ans à Kervénanec et 31% à Bois du Château alors qu’il est de 22% pour l’ensemble de la Ville. La population de ces quartiers est fortement touchée par le chômage : 31.2% à Kervénanec et 31.9% à Bois du Château alors que la moyenne lorientaise est de 13.40%. Le niveau de formation dans ces quartiers reste faible.

Sur Kervénanec, l’habitat est constitué principalement de logements HLM et de résidences, avec 52 % des logements appartenant à Lorient Agglomération Habitat.

Le taux de population étrangère se stabilise autour de 9 %.

Le quartier se caractérise globalement par un faible niveau de diplôme et de qualification de sa population qui se traduit dans l’éventail des catégories socio-professionnelles. Ainsi, à Kervénanec, pour une population active de 2 647 personnes, 79,6 % ont un CAP/BEP ou en deçà, 20,4 % possèdent le BAC ou un diplôme de niveau supérieur.

La composition des familles reste caractéristique : sur les 950 ménages dénombrés, 68 % sont avec enfants, dont 44,9 % de familles monoparentales. Les familles avec 3 enfants sont quant à elle en forte diminution (19 %).

Une autre caractéristique de la population est le taux de personnes isolées. En effet, 3 personnes sur 10 vivent seules sur Kervénanec.

Le territoire bénéficie d’une bonne couverture institutionnelle, les services publics présents portent sur les principaux champs : petite enfance, scolarité, Mairie annexe, médiathèque, Point Info ORU et internet, EHPAD, centre social, permanences de la Mission Locale, salle culturelle de quartier et équipement sportifs.

Les services sociaux du département et autres services liés à la vie quotidienne sont bien implantés : La Poste, Office HLM, de nombreuses permanences de défense et d’accès au droit, permanence de travailleurs sociaux, une galerie marchande composée de 6 commerces ainsi qu’une desserte régulière de bus.

La vie associative est particulièrement riche et dense sur Kervénanec. De nombreuses instances et dispositifs de coordination structurent le partenariat, ainsi : la coordination Petite Enfance, les Partenaires Jeunesse Lorient Sud, le Programme Éducatif Local, le Projet Culturel de Quartier, le Contrat de Réussite Éducative, le Contrat Lorient Sécurité, l’Opération de Réaménagement Urbain, le Comité Local d’Initiatives Jeunes.

Sur le quartier du Bois du Château :

Le quartier du Bois du Château est situé au Nord de Lorient et se trouve délimité par la voie expresse, le parc du Bois du Château et l’avenue Lénine.

Le quartier classé en géographie prioritaire compte 2300 habitants. Il compte 50% de familles parmi lesquelles 50% en situation de monoparentalité avec une forte représentation des familles nombreuses. C’est un secteur qui se caractérise par une surreprésentation des jeunes par rapport à la moyenne de la ville, un grand nombre d’habitants d’origine étrangère, beaucoup de primo-arrivants avec des situations de repli et une faible maîtrise du français. Les revenus sur le quartier sont particulièrement faibles.

L’habitat est largement dominé par des formes collectives de logement avec un quart de logement de type 4 et plus. En ce qui concerne la vie de quartier, un sentiment d’insécurité se développe, marqué par des conflits d’usage sur des espaces publics et privés, des incivilités… Hormis la présence d’enfants et de quelques jeunes, les espaces extérieurs sont faiblement appropriés. On note l’absence d’espaces publics à « vocation quartier », entraînant un faible lien social et une faible mixité des différentes communautés.
La rénovation urbaine sur la quartier de Kervénanec crée un antécédent positif et soulève une forte attente chez les habitants du Bois du Château.

Le quartier bénéficie cependant de nombreux équipements structurants de proximité : école, collège, commerces, des équipements sportifs, un parc, un multi-accueil, un centre social, une salle culturelle de quartier… Le tissu associatif et institutionnel est également dense avec de nombreuses associations présentes au sein du centre social, des clubs sportifs intervenant sur le quartier, la présence de la prévention spécialisée, de services de la ville, des permanences de la Mission Locale… et des instances partenariales : l’Observatoire Jeunesse, le Contrat de Réussite Educative, le Contrat Local de Sécurité, le Comité Local d’Initiatives Jeunes…

Par ailleurs, ce quartier a été retenu pour bénéficier d’un programme de rénovation urbaine et va faire ainsi faire l’objet d’une présence institutionnelle renforcée et de nombreuses interventions concertées.

Quelques caractéristiques à retenir sur les deux quartiers :

  • Des quartiers classés en géographie prioritaire
  • Des quartiers particulièrement jeunes
  • Une présence associative et institutionnelle importante
  • Une forte précarité, de faibles niveaux de formations
  • Des taux importants de familles monoparentales
  • Un quartier ayant bénéficié d’un programme de rénovation urbaine et l’autre y entrant

Les jeunes sur les deux quartiers

Les 11-30 ans représente environ 2000 jeunes sur les deux quartiers.

Kervénanec

En 2008 le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans était de 29,2 % à Kervénanec. Etant donné le contexte actuel, l’hypothèse de chiffres plus élevés n’est pas à exclure. En ce sens une enquête réalisée par Audélor « Enquêtes jeunes lorientais Photographie printemps 2012 » auprès de 503 jeunes âgés de 15 à 29 ans révélait un taux de jeunes sans emploi de 33 %.

Cette enquête souligne les fortes difficultés d’insertion professionnelle et d’accès à la formation sur le quartier de Kervénanec. Ce quartier est celui où le taux de jeunes de 16 à 29 ans sans emploi est le plus important de Lorient. Si on considère les jeunes sortis du système scolaire, le taux de jeunes sans emploi monte à 47%. Parallèlement, le taux d’étudiant est parmi les plus faibles sur la ville (13%). De la même manière, le taux de jeunes sans diplôme parmi les jeunes sortis du système scolaire est parmi les plus importants sur la Ville (30% contre 20% à l’échelle de la ville) et seuls 16% des jeunes de Kervénanec sortis du système scolaire atteignent un niveau bac ou plus. Parmi les jeunes de Kervénanec occupant un emploi, 61% sont ouvrier.

Les difficultés d’insertion professionnelle entraînent des difficultés d’accès à l’autonomie notamment à travers la question du logement puisque 52% des jeunes du quartier interrogés vivent chez leurs parents alors qu’ils ne sont que 27% à être élève ou étudiant.

Sur les pratiques de temps libre, on note que les jeunes du quartier de Kervénanec pratiquent moins d’activités que les jeunes lorientais dans leur ensemble. Les taux de pratique sont faibles en termes de lecture (la fréquentation de la médiathèque pourtant présente sur le quartier est d’ailleurs faible), bénévolat, loisirs créatifs et arts plastiques. En revanche, les pratiques sportives et de jeux vidéos sont un peu supérieures à la moyenne de la Ville. On peut également noter que la pratique de la musique et de la danse est légèrement inférieure à la moyenne lorientaise mais équivalente à d’autres quartiers non prioritaires.

Lors de discussions avec des parents/habitants et des responsables associatifs, la question des usages numériques est régulièrement évoquée. Les propos tenus semblent mettre en évidence un fossé « numérico-générationnel » qu’il est sans doute essentiel de prendre en compte afin que les adultes, dont le rôle est d’accompagner les enfants et jeunes dans leur construction de futurs adultes, n’en soient pas réduits au simple rôle de spectateur.

Le collège Anita Conti constate des décrochages scolaires importants chez certains jeunes qui, a priori, ne donnent plus de sens aux apprentissages scolaires.

Bois du Château

D’après l’enquête menée par Audelor au printemps 2012, le quartier du Bois du Château compte 28% de jeunes sans emploi ; si l’on prend en compte la population active, le taux de jeunes sans emploi monte à 44%. Le quartier du Bois du Château se singularise par un faible taux de jeunes sans diplôme par rapport au quartier de Kervénanec et de Keryado (15%) au profit d’un important taux de jeunes ayant un BEP/CAP (53%). On constate également une quasi absence de jeunes en études supérieures.
Parmi les jeunes en emploi, 57% sont ouvriers, 30% employés. Ils sont 63% à avoir connu une ou plusieurs périodes d’inactivité de plus de 6 mois.

Comme sur Kervénanec, ces difficultés d’insertion professionnelle ont des conséquences sur l’accès à l’autonomie puisque 55% des jeunes interrogés déclarent vivre chez leurs parents alors que seuls 36 % sont en situation d’élève.

Les pratiques de loisirs sont parmi les plus faibles de la Ville ; c’est le cas des pratiques sportives (45% des jeunes interrogés déclarent pratiques un sport), de la lecture (31%), de la danse et de la musique (12%), d’internet (88%) et des pratiques de bénévolat et de loisirs créatifs qui sont très faibles.

Enfin, les acteurs locaux notent une situation scolaire particulièrement préoccupante.

Quelques caractéristiques à retenir :

  • Une population jeune importante sur les quartiers prioritaires (de 28 à 31 % de moins de 20 ans)
  • Des difficultés d’insertion socio-professionnelle : population peu qualifiée, taux de chômage important
  • Des situations de décrochage scolaire
  • Des pratiques culturelles, sportives ou de loisirs globalement moins importantes que sur le reste de la Ville
  • Des difficultés d’accès à l’autonomie liées notamment à la situation financière

Les projets jeunesse de la ville et des centres sociaux

La politique jeunesse conduite par la Ville de Lorient vise à accompagner la population jeune dans sa construction identitaire et son accès à l’autonomie, au moment du passage de l’adolescence à l’âge adulte, qui se manifeste par une autonomie croissante, en matière de goût, de consommation, de déplacement, de relations sociales…, se consolide par l’acquisition des droits et des devoirs (compte bancaire, permis de conduire, responsabilité sociale et juridique, droit de vote…), et se confirme par des étapes de la vie quotidienne qui relèvent également des rites de passage (accès au logement, autonomie, départ de chez les parents, mise en couple…)

Elle concerne tous les jeunes lorientais âgés de 16 à 29 ans en portant une attention particulière aux jeunes en difficultés d’insertion sociale et professionnelle. Cette politique se décline en trois axes principaux :

  • Favoriser l’accès à l’information et au droit pour tous les jeunes
  • Accompagner l’émancipation des jeunes par le soutien aux projets, l’accès à la citoyenneté, le bien-vivre ensemble
  • Aider les jeunes dans leur insertion sociale et professionnelle

Ces orientations ont été discutées avec l’ensemble des partenaires jeunesses intervenant sur la Ville et ont fait l’objet de groupes de travail.

La Ville est opératrice sur certaines actions en transversalité entre les différents services et travaille également avec de nombreuses associations conventionnées et subventionnées pour la mise en œuvre de cette politique, comme les centres sociaux, le Bureau Information Jeunesse, la Mission Locale ou encore la Prévention Spécialisée. Ces conventions d’objectifs formalisent la relation partenariale et favorisent la coordination des interventions en direction de la jeunesse.

Ces acteurs interviennent également de manière continue, régulière ou ponctuelle sur les quartiers de Kervénanec et de Bois Du Château, dans le secteur sportif par le biais des clubs présents sur le quartier et des conventions d’animation sportive, dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle via notamment les permanences et les dispositifs de la Mission Locale, les Comités Locaux d’Initiatives Jeunes, l’action de la Ville et de Lorient Agglomération sur les clauses d’insertion, les actions du Bureau Information Jeunesse comme les Kfés métiers, sur la question de la mobilité via par exemple les cafés des globe-trotters ou En Route Pour le Monde organisés par la Ville et le Bureau Information Jeunesse…

Les centres sociaux de Kervénanec et Bois du Château ont tous deux participé à une recherche action régionale sur les questions de jeunesse et se mobilisent aujourd’hui sur une déclinaison locale pilotée par la Ville et la Fédération des Centres Sociaux de Bretagne visant à l’échange de pratiques, l’interconnaissance entre partenaires, la prise en compte de l’évolution des besoins et des pratiques des jeunes.

Le Conseil d’Administration de la Maison Pour Tous de Kervénanec a acté, en février 2014, la nécessité de faire des questions de jeunesse un axe prioritaire de son projet social. De façon concrète cette orientation s’est traduite par une proposition de création d’une coordination jeunesse ayant pour enjeu de travailler à la création de nouvelles formes d’organisations plus horizontales permettant de passer, sur le territoire, d’une certaine forme de coexistence des acteurs agissant en direction des jeunesses, à de véritables coopérations entre ces derniers et de la sorte participer à la co-élaboration et à la co-construction de la politique en direction de la jeunesse.

Cette coordination met en réseau des acteurs institutionnels et associatifs agissant à l’échelon du quartier, de la commune, de l’intercommunalité et du département et permet à ces acteurs de se rencontrer, de croiser leurs points de vue, de confronter leurs pratiques afin d’initier la mise en œuvre d’actions les plus en adéquation avec les problématiques identifiées sur le territoire (emploi, santé, mobilité…) tout en inscrivant ces dernières dans le champ d’une éducation citoyenne et politique (au sens étymologique du terme).

Elle a pour but:

  • D’identifier les problématiques jeunesse sur le territoire, en étant vigilant à la prise en compte des décalages entre logiques et discours institutionnels et pratiques des jeunes
  • D’accompagner tous les jeunes de 13 à 30 ans dans leur parcours de construction de futur adulte citoyen et dans leur parcours de vie en initiant la mise en œuvre d’actions pouvant s’inscrire dans le champ de l’emploi, de la participation à la construction de la vie de la cité, de la prévention, de l’aménagement de l’espace, de l’économique, de l’environnement, des transports, de la communication, du logement, de la santé…
  • D’évaluer l’ensemble des actions et de participer à la définition des futures orientations de la coordination en direction de la jeunesse, en lien avec leur environnement social, culturel, économique.

La première rencontre plénière de la coordination jeunesse s’est tenue le 17 avril 2014 et a permis aux participants :

  • De débattre et de s’accorder sur la nécessité de développer une démarche qui génère une plus forte coopération entre les acteurs du territoire.
  • D’échanger et de confronter des points de vue sur les problématiques jeunesse rencontrées par ces derniers au quotidien (emploi, Utilité sociale, numérique, décrochage, engagement, pratiques artistiques, espace public, vivre ensemble…), en prenant appui sur les pratiques singulières des participants.
  • Depuis cette date, au total ce sont 49 personnes différentes représentant 27 associations, établissements scolaires et/ou institutions différentes* qui ont participé à la coordination jeunesse tant au niveau des rencontres que des projets développés au sein de cette dernière et qui reposent sur trois grands piliers :
    • L’engagement des jeunes
    • Les usages numériques
    • L’utilité Sociale.

La Maison de quartier du Bois du Château a, quant à elle, inscrit dans son contrat de projet la création d’un observatoire de la jeunesse visant à améliorer la connaissance comparée des professionnels du territoire sur la jeunesse, renforcer les interconnaissances et les échanges de pratiques entre les professionnels, créer du lien et mettre en réseau des acteurs institutionnels et associatifs pour qu’ils deviennent des partenaires, coopérer à l’identification de problématiques et à leur résolution, mutualiser des moyens, des connaissances pour renforcer la prise en charge et l’accompagnement des jeunes dans leurs parcours de vie. Cet observatoire de la jeunesse, mis en place à l’été 2014 a réuni à plusieurs reprises des professionnels de la jeunesse tels que la Mission Locale, la Maison des Adolescents, la mission Jeunesse de la Ville de Lorient, la PJJ, la Sauvegarde 56, le Conseil Général et la Maison de Quartier afin d’échanger sur les pratiques professionnelles et travailler sur un diagnostic des jeunesses sur le quartier. La perspective commune sur laquelle les partenaires se sont inscrits est d’engager une recherche-action sur le territoire sur la question des jeunesses.

Suite aux incivilités répétées d’un groupe de jeunes présents sur l’espace public et créant un sentiment d’insécurité, un groupe de suivi pluri-partenarial s’est mis en place pour renforcer les actions de prévention et accroître la réactivité face à la délinquance constatée. Ce groupe, placé sous l’autorité du parquet, réuni la Ville de Lorient, la Police Nationale, l’Éducation Nationale, l’Aide Sociale à l’Enfance, le service de prévention spécialisée, la maison de quartier du Bois du Château, , la PJJ et le SPIP ; les professionnels peuvent ainsi croiser leur regard sur des situations particulières et faire des propositions pour sortir les jeunes des parcours de délinquance dans lesquels ils s’inscrivent, ou pour leur éviter d’y entrer.

Quelques actions innovantes et partenariales en termes de politiques jeunesse :

Sur le lien jeunes/entreprises et l’insertion socio-professionnelle :

La Ville subventionne et copilote avec la Mission Locale et le Centre des Jeunes Dirigeants un dispositif d’accompagnement soutenu vers l’emploi, Kart emploi, qui vise à accompagner de manière très renforcée des jeunes éloignés de l’emploi résidant les quartiers prioritaires de Lorient en mettant l’entreprise au cœur de leur insertion. Le jeune, accompagné par une référente Mission Locale dédiée au dispositif, est mis très rapidement en binôme avec un représentant d’entreprise chargé de l’accompagner dans sa recherche d’emploi, de le préparer aux entretiens d’embauche, de faciliter sa lecture de l’environnement économique et des débouchés en termes d’emploi, d’accompagner son apprentissage des codes de l’entreprise… Parallèlement, un réseau d’entreprises partenaire du dispositif les accueille pour des périodes d’immersion en milieu de travail sous diverses formes : stages, visite d’entreprises, périodes d’intérim… afin d’évaluer et d’accompagner leur adaptation au monde de l’entreprise et d’affiner leur projet professionnel. Ce club d’entreprises, animé par la Mission Locale et donnant une place forte à la convivialité et à la déconstruction des représentations entre jeunes et entreprises, permet également l’ouverture du réseau des jeunes. Depuis la mise en place du dispositif en 2014, une soixantaine de jeunes de Kervénanec et du Bois du Château ont intégré le dispositif.

La Ville pilote également, en lien avec les partenaires associatifs de terrain, un dispositif, les Comités Locaux d’Initiatives Jeunes, ayant pour objectif de favoriser l’insertion socio-professionnelle des jeunes des quartiers prioritaires, sécuriser les parcours individuels, les accompagner vers l’autonomie, prendre en compte le jeune dans sa globalité en engageant un suivi collectif avec les partenaires associatifs et institutionnels impliqués dans l’accompagnement du jeune. Ce dispositif vise donc à coordonner les interventions des différents partenaires impliqués dans le suivi des jeunes afin de prendre en compte l’ensemble de la situation. Il permet de les accompagner dans leurs démarches, de les mettre en lien avec des personnes ressources et de solliciter les aides auxquelles ils peuvent prétendre. Enfin, l’accompagnement peut déboucher si nécessaire sur une aide financière spécifique, en complémentarité avec les aides financières existantes, afin de concrétiser leur projet. Ce fonds permet à la fois d’accompagner et financer des projets citoyens mais également d’accompagner des parcours individuels (formation, transport pour des jobs d’été, départ en autonomie, BAFA…), en complémentarité avec les autres partenaires concernés. L’aide financière est conçue comme un « coup de pouce », une passerelle qui permet au jeune d’entrer dans un parcours d’insertion ou de ne pas en décrocher.

Sur l’engagement et l’accès à la culture :

  • Au sein de la direction de la culture, l‘action culturelle de proximité a pour missions d’être à l’écoute et d’accompagner les porteurs de projets culturels tout en favorisant la participation des habitants ; d’initier et d’accompagner des actions culturelles dans les domaines de l’enfance, la jeunesse, l’action sociale, la politique de la ville ; de favoriser la mise en place d’actions artistiques et culturelles croisées entre établissements culturels et acteurs du quartier (centres sociaux, écoles, associations…), de gérer les salles culturels des quartiers du Bois-du-Château et de Kervénanec, fabriques artistiques et culturelles, d’accueillir des résidences artistiques.
  • Dans les deux quartiers, la Ville développe des projets artistiques et culturels qui peuvent soit être en direction « exclusive » des jeunes (par exemple Passeurs d’images), soit intégrer une dimension jeunesse, soit les concerner aux côté des autres générations. A Bois du château, un travail spécifique a été mené en direction des jeunes avec la sauvegarde 56 à l’occasion de la venue du cirque Galapiat. A Kervénanec, l’ouverture de la Balise – fabrique artistique de Kervénanec – il y a 2 ans a permis de mettre en œuvre une réflexion avec acteurs et habitants du quartier pour intégrer dans une dynamique partagée les projets artistiques portés par tous (habitants, artistes, établissements culturels et socio-culturels, écoles…). Tout est aujourd’hui mis en œuvre pour que des jeunes aient accès à cet espace/outil dédié à l’expérimentation et à l’innovation dans les domaines de la participation et de la proximité, qu’ils puissent être moteurs dans une alternance de projets éphémères et d’actions sur l’année (formation technique, atelier de création numérique, construction d’un événement culturel autour des jeux vidéo…).

La participation des jeunes sur ces quartiers :

On note une faible implication des jeunes dans le tissu associatif hormis au FOLCLO section football. Pour autant peut-on dire que les jeunes ne s’engagent pas ? En effet, certains projets réinterrogent fortement ce non engagement vu par les institutions (projet de foot en salle mis en place par des jeunes du quartier, projet numérique, vidéo…) Dans ce cadre les questions de l’engagement et de la participation des jeunes à la vie de la cité se posent très régulièrement.

Sur le précédent mandat, une concertation a été menée avec des jeunes du quartier de Kervénanec pour définir la politique municipale sur le quartier et répondre au mieux à leurs attentes. De ce travail sont ressortis trois thématiques : l’emploi comme préoccupation et nécessité première, la culture et les sports. Des groupes de travail ont ensuite été mis en place et ont abouti à l’intégration des questions de jeunesse dans la conception de la salle culturelle de quartier ainsi qu’à la création du dispositif Kart emploi cité précédemment et qui répondait aux objectifs fixés par les jeunes : la nécessité d’un suivi renforcé, d’être « boosté » et l’importance de l’intégration rapide en entreprise.

Des actions en perspective :

  • Monter un projet d’accompagnement à la mobilité prenant en compte une dimension collective, un accompagnement renforcé sur l’accès au permis de conduire, un travail sur les freins psychologiques, une prise en compte des autres modes de déplacements que la voiture (transport en commun, vélo, covoiturage…)
  • Émergence d’une pépinière à projet
  • Mise en place de coopératives jeunesses de services
  • Mise en place d’un système collaboratif d’échanges de savoir, d’échanges de services, de réseau de solidarité pour repositionner les habitants, et notamment les jeunes, au cœur des projets, créer de la mixité et des échanges intergénérationnels…
  • Développement de passerelles entre l’université et les quartiers pour réinterroger les déterminismes sociaux et lever les freins des jeunes des quartiers dans leur accès aux études supérieures

Développement d’un projet global sur le numérique :

  • Accompagner les jeunes dans les démarches administratives sur internet (recherche d’emploi, site de la CAF, de la sécurité sociale, inscriptions universitaires…)
  • Favoriser la participation des jeunes via une plateforme de valorisation des actions
  • Valoriser les pratiques numériques des jeunes pour travailler sur l’accréditation sociale
  • Réduire le fossé générationnel lié aux usages du numérique
  • Renforcer les expériences des jeunes en milieu de travail (mise en réseau avec des entreprises, rencontres, stages, visites…) dès le collège
  • Prévenir et lutter contre les discriminations