Le projet

« Jeunes en TTTrans »
(transversalité, transitions, transformations)

Le projet « jeunes en TTTrans » est le premier lauréat du Programme d’Investissements d’Avenir« Projets innovants en faveur de la jeunesse ».
Ce programme est « doté de 59 millions d’euros de subventions pour un appel à projets destiné à favoriser, sur un territoire donné, l’émergence de politiques de jeunesse globales et intégrées. Celles-ci doivent permettre de traiter les problématiques des jeunes de façon cohérente en évitant l’écueil d’une juxtaposition d’initiatives sectorielles non coordonnées. Les impacts de ces projets en faveur de la jeunesse devront être rigoureusement évalués pendant leur mise en œuvre et a posteriori. Dans une logique de lutte contre les inégalités et d’égalité des chances, les actions financées bénéficieront de manière prioritaire aux jeunes habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville, des territoires ruraux isolés ou ultra-marins. Les porteurs de projet présenteront selon quelles modalités ils prévoient la prise en compte des trajectoires des jeunes les plus fragiles de leur territoire. Il est attendu de ce programme une meilleure structuration territoriale d’offres intégrées en faveur de la jeunesse, à travers la mobilisation directe des publics concernés dans la reconfiguration de l’offre existante, et la mise en place d’initiatives nouvelles ».

 Résumé du projet

Le projet « Jeunes en TTTrans » (transversalité, transitions, transformations) a pour objectif de mettre en œuvre une recherche-action portée par la Chaire de recherche sur la jeunesse de l’École des hautes études en santé publique et visant au développement de politiques locales de jeunesse intégrées dans trois territoires bretons (les quartiers de Kervénanec et de Bois-du-Château à Lorient, Morlaix communauté et la Communauté de communes de Moyenne-Vilaine-et-Semnon). Il s’agit de mettre en œuvre des politiques locales de jeunesse intersectorielles qui mettent en cohérence les différents échelons territoriaux pour mieux accompagner les transitions de la jeunesse vers l’âge adulte. Pour cela, ce projet s’appuie sur l’ensemble des acteurs publics, privés et associatifs (y compris les jeunes) s’adressant à la jeunesse dans les trois territoires pour proposer d’agir à partir des mêmes éléments de diagnostic et des mêmes valeurs d’intervention. Un certain nombre de principes d’action transversaux sont mobilisés :

  • Les jeunes seront étroitement associés et invités à participer à toutes les étapes de ce projet ;
  • Le projet entend mettre l’accent sur la simplification des actions et procédures, sur l’innovation dans les actions ;
  • Il fait l’objet d’une évaluation chemin faisant et participative ;
  • Il vise à lutter contre le non-recours aux droits et aux dispositifs.

Thématiques

  • Lutte contre le non recours aux droits et aux dispositifs (accès au numérique et à la mobilité, lutte contre les discriminations) ;
  • Lutte contre le décrochage scolaire et construction de passerelles entre éducation et emploi ;
  • Lutte contre le chômage des jeunes (faciliter l’insertion professionnelle) ;
  • Soutien à la participation et l’engagement des jeunes ;
  • Soutien à l’expression des jeunes et transformation des représentations des habitants.

Porteur du projet

L’EHESP
La Chaire de recherche sur la jeunesse

Territoires concernés

Le projet s’appuie sur l’expérimentation de politiques de jeunesse intégrées dans trois territoires bretons en parallèle :

  • Les quartiers « politique de la ville » de Kervénanec et de Bois du Château à Lorient (Morbihan)
  • La communauté de communes de Moyenne-Vilaine-et-Semnon (Ille-et-Vilaine)
  • Morlaix communauté (Finistère)

Objectifs

Notre projet réunit trois objectifs convergents. Dans une perspective de recherche appliquée, impliquée et académique, il entend :
1. Produire un changement dans l’action publique s’adressant à la jeunesse ;
2. produire un changement dans les pratiques des acteurs (décideurs et professionnels) ;
3. produire des connaissances et les partager.

Le projet envisage la mise en perspective de trois expérimentations dans le domaine des politiques publiques s’adressant à la jeunesse dans une démarche de recherche-action qui associe une équipe de recherche (Chaire de recherche sur la jeunesse) aux différents acteurs de jeunesse – tous secteurs confondus – de trois territoires (professionnels, jeunes, élus et décideurs) en vue de faciliter l’approche transversale et réflexive des actions mises en œuvre, de leur gouvernance et de leur pérennisation éventuelle. Il s’agit de mettre en perspective trois expérimentations parallèles (innovation-mutualisation), d’accompagner des acteurs (communauté d’apprentissage), et de capitaliser des expérimentations (évaluation-communication).

Le projet s’appuie sur la prise en compte de l’évolution de la situation des jeunes et des territoires :
Lorient (2 quartiers politique de la ville) : un fort taux de chômage des jeunes (+ de 31%) et un difficile accès aux structures d’aide et d’accompagnement ;
Morlaix communauté : un taux de chômage en augmentation et une baisse démographique importante ;
Communauté de communes de Moyenne-Vilaine-et-Semnon : de nombreux jeunes quittent le territoire à l’issue de leurs études secondaires.

Il répond aux besoins des territoires concernés en matière de politiques publiques s’adressant à la jeunesse :

  • Lorient : besoin de coordination des acteurs professionnels, d’implication des bénéficiaires et des habitants, d’amélioration de la cohésion sociale sur les deux quartiers concernés ;
  • La Communauté de communes de Moyenne-Vilaine-et-Semnon : élargissement d’une politique jeunesse en termes de tranche d’âge et de thématique (les + de 15 ans) ;
  • Morlaix communauté : développement et pérennisation d’une politique de jeunesse transversale et intégrée déjà expérimentée.

Dans cette optique, il vise aussi à mettre en valeur les besoins transversaux des territoires.

Le projet est fondé sur des principes partagés de mise en œuvre :

  • La recherche action va faire de la participation des jeunes un axe transversal, en accord avec l’appel à projets. Nous souhaitons ici systématiser la participation des jeunes à tous les stades de prise de décision et de mise en œuvre. Loin d’être fondée sur une seule préoccupation cosmétique, il s’agit pour nous de défendre ce principe comme gage d’une meilleure prise en compte des besoins des jeunes, de leur capacité à jouer un rôle plein et entier de citoyens.
  • De manière plus pragmatique, nous faisons l’hypothèse que cette approche permettra, dans une certaine mesure, d’éviter le non recours à l’offre d’accompagnement et de prise en charge. Cette approche participative pourra s’étendre par ailleurs, en fonction des actions, aux parents et aux habitants des territoires concernés.
  • La recherche-action permettra de questionner et d’expérimenter une gouvernance mutualisée des enjeux spécifiques à chaque territoire qui va faciliter les approches transversales et horizontales (différents secteurs -santé, logement, emploi, culture, éducation…) et verticales (différents échelons politiques).
  • Elle facilitera par la mise à distance de la démarche de recherche l’articulation des niveaux politiques et opérationnels : le pilotage du projet par un tiers non impliqué directement dans les territoires, intégrera une certaine neutralité dans l’accompagnement des actions qui pourra faciliter la transversalité et les transformations des pratiques.

Calendrier

Phase 1 : diagnostics et programmation janvier 2016 – décembre 2016
Phase 2 : mise en œuvre des actions janvier 2017- décembre 2020

Forme juridique

  • Un accord de groupement a été signé par le porteur et les trois partenaires du groupement pour répondre à l’appel à projets
  • L’EHESP a signé une convention avec l’ANRU le 16 novembre 2015.
  • Un contrat de collaboration entre les 4 acteurs de la phase 1 a été signé début 2016.

Autres partenaires

Des contacts sont en cours avec l’ensemble des acteurs des échelons de décision politique (Pays, Conseil départementaux, Conseil régional, Services déconcentrés de l’État). Des rencontres sont organisées avec les Caisses d’allocations familiales concernées, des organisations régionales d’acteurs de la jeunesse et des organisations de jeunesse, des représentants du monde économique afin de leur proposer d’intégrer le comité de pilotage et le comité de suivi du projet. Les acteurs de jeunesse et les jeunes de chaque territoire sont mobilisés dans le diagnostic et la mise en œuvre du projet.

Publics visés :
Environ 5500 jeunes (13/30 ans) directement ciblés par les expérimentations- Des actions concernent plus spécifiquement les jeunes en difficultés d’insertion et les collégiens, lycéens des territoires concernés- Plus de 200 professionnels impliqués et près de 40 élus mobilisés.

Financements

Coût global du projet pour 5 ans:
Le financement attribué au titre du PIA est de 3 567 110 € dont 50% du budget global en co-financements soit, 1 783 555 €
Nature des co-financements:

  • Prévisionnels en numéraire : 1 028 979 € soit 28,85%
  • Apports en nature ou valorisations : 754 576 € soit 21,15%

Objectifs opérationnels

Phase 1

Mobilisation et diagnostics comparés seront le fruit d’un travail prenant appui sur des données quantitatives et qualitatives (données socio-démographiques, rapports d’évaluation déjà disponibles…) ainsi que sur des données sensibles (paroles des acteurs, perceptions sur le fonctionnement du territoire..). Dans ce cadre il s’agira :

  • De mobiliser les acteurs du territoire en s’appuyant sur les organisations collectives déjà existantes (coordination jeunesse…) afin de déterminer la méthodologie à mettre en œuvre pour aboutir à la réalisation d’un diagnostic et à la définition des futurs axes de travail à prioriser qui en découleront ;
  • De réaliser un diagnostic partagé en associant l’ensemble des acteurs (associations, jeunes, institutions, entreprises…) ;
  • De définir des axes de travail prioritaires en vue de la simplification et de l’optimisation des actions existantes et de la programmation d’actions innovantes.

Les jeunes pourront être directement acteurs du diagnostic et contribuer à définir ses objets et méthodes ainsi que témoigner de leurs réalités de vie, de leurs besoins et attentes.

Cet axe de travail est piloté par l’EHESP en lien très étroit avec les trois territoires. Ces partenaires seront responsables du suivi des différentes tâches nécessaires à la réalisation du diagnostic.

Phase 2

Développement des actions de politiques de jeunesse intégrées dans les territoires et évaluation. Elle se déroule en articulation étroite avec la phase 1 pour déterminer son contenu précis et nourrit la démarche d’évaluation, la dissémination et la communication ainsi que la réflexion sur la pérennisation et la généralisation des actions publiques. Sur la base des éléments de diagnostic posés et des propositions en termes d’organisation et de planification, toutes les actions s’appuieront sur des logiques partenariales, transversales, intersectorielles et/ou interservices et auront recours à la participation des jeunes, voire des parents et des habitants. Ainsi, des pistes d’actions communes aux trois territoires peuvent déjà être esquissées :

  • Des actions en milieu scolaire et dans les territoires pour lutter contre le décrochage scolaire et construire des passerelles entre l’éducation et l’emploi (en partenariat étroit avec l’Education nationale et les représentants du monde de l’entreprise) ;
  • Des actions visant à lutter contre le chômage des jeunes avec des initiatives d’insertion professionnelle des jeunes (en partenariat étroit avec les missions locales et le monde de l’entreprise, notamment) ;
  • Des actions visant à ouvrir les possibles pour les jeunes et à lutter contre l’isolement avec une systématisation de l’accès au numérique, des actions de mobilité et de lutte contre les discriminations;
  • Des actions visant à soutenir la participation et l’engagement des jeunes ;
  • Des actions visant à soutenir les expressions culturelles des jeunes et à faire évoluer leur image auprès des habitants des territoires ;
  • Les mises en œuvre débuteront un an après le démarrage du projet et seront évaluées et éventuellement adaptées chaque année.

Évaluation

L’évaluation et le suivi du projet s’inscrivent sur la durée de construction du projet. Ils visent à porter un regard :

  • Sur l’ensemble du processus de construction de la politique intégrée par l’analyse des freins, leviers, ressources humaines et financières mobilisables et mobilisés tout au long du projet ;
  • Sur les impacts tant auprès des responsables des politiques publiques et de leurs modalités de gouvernance, que de la transformation des pratiques professionnelles nécessaires ou perçues comme telles pour répondre aux besoins des jeunes : aux réseaux d’acteurs (professionnels, secteurs de politiques publiques,…), soutenir les parcours des jeunes et leur mobilisation au regard des actions qui seront mises en œuvre.

Une équipe d’évaluation externe réalise l’évaluation en s’appuyant sur les acteurs de chaque territoire. Un groupe de suivi (organisations régionales d’acteurs de jeunesse) et un comité scientifique apporteront chaque année un regard distancé sur le rapport d’activité annuel de la recherche-action, les données évaluatives produites et la programmation de l’année suivante. Un comité de pilotage validera chaque année la programmation adaptée des actions.

Gouvernance

Pour mener à bien le projet, l’EHESP et les partenaires ont décidé de constituer une instance de prise de décision et de s’entourer de comités ayant un rôle consultatif.
L’organisation de la gouvernance proposée ci-dessous sera expérimentée et évaluée pendant la phase 1 et pourra donc être adaptée aux besoins de la phase 2.

Comité de pilotage : instance de décision et de programmation

Il se réunit deux fois par an pour élaborer le programme annuel d’action, élaborer le budget prévisionnel, acter le bilan de l’exercice à clôturer comme celui des actions engagées. Il est composé :

  • De l’État ;
  • D’un représentant de chacun des signataires du Contrat (EHESP, Communauté de Commune de Moyenne-Vilaine-et-Semnon, Morlaix Communauté, Ville de Lorient) ;
  • De la direction du projet.

Comité de suivi : instance de consultation

Il est consulté une à deux fois par an pour réagir à l’actualité du projet et faire des propositions au comité de pilotage. Le comité est constitué de quatre collèges (chaque collège pour la phase 1 sera composé de 1 à 7 membres maximum) constitué des différents acteurs du projet :

  • Le premier, dit collège « des représentants des usagers » ;
  • Le deuxième, dit collège des « représentants du monde économique » ;
  • Le troisième, dit collège des « associations régionales » ;
  • Le quatrième, dit collège des « opérateurs du projet ».

Le conseil est animé et coordonné par la direction du Projet.

Comité scientifique : instance de consultation

Il se réunit une fois par an. Les avis sont transmis au comité de pilotage et au comité de suivi en vue de l’exercice de leurs compétences respectives. Il est composé de chercheurs et d’experts des questions développées dans le projet. Il accompagne l’équipe projet et enrichie l’approche réflexive de la recherche action. Il pourra contribuer à la valorisation du Projet. Il mettra en perspective le Projet avec les expérimentations et les projets scientifiques à l’échelle nationale et internationale. Sa composition est fixée par le comité de pilotage pour les 5 ans.

Pérennisation

Nous travaillerons à déterminer les apports de la démarche engagée dans le projet du point de vue de sa pérennisation éventuelle dans les territoires et de sa généralisation possible à l’ensemble du territoire national. Pour cela, nous envisagerons ces perspectives au regard des résultats de l’évaluation de chacune des expérimentations et des outils de valorisation et d’essaimage créés.
Cet axe de travail est conduit conjointement par l’équipe de l’EHESP et l’équipe d’évaluation.
Deux démarches le structureront :
1. Une réflexion en termes de pérennisation permettra :

  • D’identifier les conditions de pérennisation de la démarche dans les territoires après le départ de l’équipe accompagnatrice de la démarche (chercheurs, instance de gouvernance, financements, etc…) ;
  • De proposer une pérennisation des dispositifs ayant « prouvé » leur efficacité vis-à-vis des objectifs généraux du projet ;
  • D’intégrer les actions dans l’approche intégrée de la jeunesse dans les trois territoires.

2. Des propositions en termes de généralisation de la démarche seront faites auprès du Commissariat général à l’investissement et de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. Ces propositions examineront les conditions de transférabilité de la démarche, notamment en termes de :

  • Bonnes pratiques identifiées dans les territoires (du point de vue de la simplification administrative, de la cohérence des actions menées, de la baisse des phénomènes de non recours, des coûts évités…) ;
  • Transversalité et inter ministérialité des actions déployées ;
  • Participation de tous les acteurs intéressés (acteurs publics, associatifs, privés).